La ceinture (obi)

 

Là encore, on peut être étonné de l’importance donnée à un si simple attribut qui, dans le fond, ne sert qu’a maintenir la veste. Pourtant, cette ceinture a fait rêver et tomber plus d’un esprit que se croyait fort.

Le mirage de la ceinture noire étant presque dépassé, c’est celui de la ceinture blanche et rouge qui lui a succédé et aujourd’hui, comme il y a quarante ans, nous assistons encore à la course aux dans. Que l’on ne mésestime donc pas ce complément de vêtement qui a fait chuter plus d’un pratiquant !

Une ceinture cependant, possède d’autres qualités que celle de maintenir la veste ! Elle ne doit être ni trop serré ni trop lâche. Elle permet de prendre conscience de la force qui est en nous et par conséquent de mieux la concentrer dans le région du hara. Un ventre est comme une ceinture, il n’est jamais trop tendu ni trop relâché. Musashi insiste sur ce fait lorsqu’il écrit :

« Le bas des reins ne doit pas proéminer, mettre de la force entre les genoux et la pointe des orteils, tendre le ventre afin de ne pas avoir les reins courbés. « Fixer la clavette », c’est-à-dire bien appuyer le ventre sur la gaine du petit sabre afin de ne pas donner de lest à votre ceinture. Dans la Bible et dans les textes sacrés, on se réfère très souvent à l’action de se ceindre les reins avant la bataille. C’est un moyen de reprendre courage avant une grande épreuve. Pour beaucoup de prêtres orientaux, la ceinture était  utilisée dans des rituels magiques comme moyen de séparer la terre du ciel, de se fermer aux impulsions animales pendant l’exercice d’un rite sacré. Le budo a repris à son compte l’idée d’associer la ceinture avec la qualité de l’élève. La ceinture du débutant est blanche, elle symbolise l’ignorance, la pureté de l’enfant, qui est pur parce qu’il ne sait pas, parce que son mental est libre de toute connaissance intellectuelle et humaine. Plus tard, lorsque les bases de la discipline sont connues, le pratiquant porte une ceinture noire, symbole des connaissances acquises. Cette progression va s’échelonner sur plusieurs degrés (dan) et selon la discipline, la maîtrise de l’art sera atteinte au 5éme ou au 10éme dan. Lorsque l’expert sera devenu un maître, il aura le droit de porter de nouveau la ceinture blanche, symbole de la connaissance vraie, de celle qui ne résulte pas de la mémoire et de l’intellect mais qui émane directement de l’âme et du Soi supérieur. Enfin, n’oublions pas qu’il existe autour de la taille un important méridien de ki qu l’on peut étendre à volonté en cercle de force magnétique et protectrice. A chacun d’un faire l’utilisation adéquate.

 

Source : Livre : Budo L’esprit de arts martiaux de Michel Coquet.